Musiciens
Titres
Livret
mandoline, mandole, mandoloncelle
chant
zarb, daf, udu
Fondé essentiellement sur le répertoire traditionnel ancien, compilé par Damase Arbaud au XIXème siècle, le programme du trio révèle l'âme populaire provençale, une âme collective, enracinée dans l'imaginaire, dans la langue et l'expression, les coutumes, les superstitions, dans le dire et le chanter. L'art populaire procède par fulgurance, les raccourcis sont souvent violents, les anachronismes, monnaie courante. On ne rechigne pas davantage devant le merveilleux. Mais ce sensationnel sait rester simple, simplement prodigieux. En bref, un art brut, travaillé par les générations, poli par le temps, où l'on retrouve l'esprit naïf et coloré des ex-voto des chapelles provençales. Les protagonistes mis en scène sont illustres : Adam et Eve, Marie, Joseph,Jésus, Anges et archanges, Marie-Madeleine, Marthe, Jean, Pierre et les apôtres... et puis les types, -les trois jeunes filles de la Ciotat, la sage-femme, Gaspard, le bouvier...- ... A tout instant, chacun peu devenir témoin du miraculeux. Les récits sont chrétiens, apocryphes ; les décors, les détails, les façons sont de Provence comme les mots, les noms, l'accent, la scansion... Puisant à la fois dans le gisement du Livre de Damase Arbaud et à la source de leur mémoire, de leur expérience, le trio propose une relecture personnelle, une aventure, invente des solutions vivantes, sonores. Une vérité musicale qui transgresse tout fantasme d'authenticité, révèle et actualise l'essence de cette chanson populaire. Cet éclairage par les trois musiciens met en relief un univers sonore à la foisdéroutant et familier. René Sette - ancien maçon, virtuose du chant et de la chaux, des pierres sèches et des monodies -, Patrick Vaillant, mandoliniste à part, compositeur et arrangeur subtil et festoyeur, Bijan Chemirani -issu d'une grande lignée de percussionnistes iraniens, souple, sensible et délicat - sont des voisins. Ils se sont croisés dans leur pratique des musiques méditerranéennes, aux marges du livre de Damase Arbaud. Ainsi naît, de façon naturelle, le désir de rendre sonore leur attachement, leurs rêveries, comme la chaleur naît du voisinage du feu. La langue chantée, les réflexes mélodiques, la récurrence troublante des thèmes apportent une couleur particulière, incitent à des pérégrinations instrumentales (phrasé, respiration, rythmes, jeux de timbres) qui viendraient de plus loin, de plus ancien, d'un ailleurs aux temps flottants, en tout cas méditerranéens et intérieurs. Madalena est la présence insistante dans l'imaginaire collectif d'une figure de femme, celle de l'attachement passionné, du souvenir brûlant de l'amant perdu, la chevelure dénouée, le parfum répandu, au premier plan l'amour, l'amour ardent, extasié.