Du lieu commun au lieu sonore

Cet article porte un regard sur la mandoline qui va bien au-delà de l’instrument. Il explique, raconte, et livre des réflexions sous la forme détendue d’un abécédaire, où affleurent toutefois de grandes questions. Celles qui traversent la musique populaire, la tradition, et qui interrogent l’intérêt qu’on leur prête.

Aqui & aià

Se sentir d’ici, parler d’ici, c’est dire bien plus que le lieu.
L’attachement à ce lieu engage un paysage, un récit, des fidélités sociales, une sympathie pour son atmosphère particulière, et plus encore pour sa bande-son. Est-il seulement possible de se représenter un lieu sans sa bande-son ? Quelle part prend le sonore dans l’ici ? Nature, bruits, animaux, cloches, engins, voix, timbres, langues et accents, rumeurs, train, enfin toute la phonosphère et par dessus tout ça : la musique. Mais n’y en avait-il pas déjà dans tout ce qu’on a énuméré ?
Soit. On aime comme il sonne le pays, on le reconnaîtrait les yeux fermés.
Mais il n’y a pas d’aqui sans aià. Pas d’ici sans ailleurs. Et surtout, pas de musique d’ici sans musique d’ailleurs.
L’ancrage va de pair avec l’ouverture au loin. Tel est le territoire du musicien, ouvert par son instrument : un continuum de musique où naviguer, un port d’attache au centre de mille routes.

Bandolim

En portugais, mandoline se dit bandolim. Un instrument de premier plan au Brésil. notamment dans le choro, un style volubile et virtuose, où les standards se partagent lors de rodas, genres de jam sessions. C’est devenu une source incontournable pour tout mandoliniste.
Le Brésil, continent musical, est une source inépuisable de modèles au fil de notre histoire mondialisée (samba, bossa-nova, batucada, forró, choro)
A la fin des années 80, je mandolinais sur un camion amplifié au carnaval de Toulouse 1 une idée de Claude Sicre qui importait là le modèle trio electrico du carnaval de Bahia.

Cercle

Le Cercle Mandolinistique de Nice s’est éteint au tout début de ce siècle.
Mes collègues et moi n’auront eu le temps que d’une visite de courtoisie, où nous le découvrîmes dépeuplé et à bout de souffle.
Autres disparus, les Petits Ménestrels de la Cote d’Azur. Leur photo dans le journal est à l’envers, les manches pointés du mauvais côté, – malheureux présage. Que nous ont laissé ces moments éclatants d’éducation populaire ? Que sont devenus ces tout jeunes musiciens, fort nombreux ?
L’un d’eux, Fred, est de mes amis, je me souviens de chez lui : dans les faïsses, entre mandariniers et linge étendu, une petite maison à tonnelle, où séchaient les cougourdons. Pendue au mur, la mandoline rescapée de son enfance aux Petits Ménestrels de la Cote d’Azur. J’en étais dépourvu, il me la prêta, et je devins mandoliniste.

Carte postale ancienne des Petits Menestrels de la Côte d'Azur.

Déclassement

Le déclassement de la mandoline comme instrument de second plan, ou folkorique, jusqu’à l’accessoire et au bibelot semble aujourd’hui dépassé.
L’instrument a gagné en légitimité côté classique et surtout en visibilité, grâce aux musiques populaires et world. Dans les mémoires d’ici, la mandoline conserve un capital de sympathie et de nostalgie positive qui favorise sa réception. Donc son maintien et sa redécouverte.
Elle ne deviendra pas de sitôt un Aboli bibelot d’inanité sonore 2 vers du sonnet en X de S. Mallarmé .

Effrontée

Mandoliniste années folles
collection privée – droits réservés

Dans notre collection de photos anciennes de mandoline, il en est une qui sort du lot. C’est celle de l’effrontée. Nous l’avons baptisée ainsi pour son attitude inconvenante. Très années folles, quasi rock&roll avant l’heure, en rupture avec une iconographie souvent douceureuse. Elle interpelle directement celle de la jeune mandoliniste sage aux genoux serrés. Elle la congédie, ou mieux, l’émancipe.
Aujourd’hui, elle illustre emblématiquement le propos du Front de libération de la mandoline.

Front de Libération de la Mandoline

C’est l’autre nom de Mandopolis 3 compagnie de Patrick Vaillant .
Le clin d’œil du nom prend sa source dans une indignation, à peine feinte, devant les mandolines otages dans les vitrines de magasins de chaussures, les mandolines décoratives de pizzerias, les mandolines épaves oubliées au grenier… Libérons-les, dépendons-les, réparons-les, qu’elles recouvrent leur dignité sonore !
Derrière le clin d’œil se cache un solide principe fondateur :
Placer la rigueur qu’exige la mandoline dans la désinvolture qui lui manquait.

Ginjarra

L’approche académique de la mandoline s’attache beaucoup à son histoire.
Mais le mandoliniste actuel gagne à se pencher plutôt sur sa géographie, et replacer l’instrument dans une vaste famille et ses musiques vivantes.
Pour s’en tenir à un tour de bassin méditerranéen, l’horizon sonore foisonne de plectres : bandurria, mandol, oud, bouzouk, saz, tambura, tamburitsa, bouzouki, boulgari, baglama, cobza, et j’en passe.
De quoi satisfaire sa curiosité musicale, et surtout enrichir son jeu.
Cette cousinade « mandoterranéenne » a même un écho inattendu dans la langue provençale, un mot pour désigner un luth à long manche du Levant, la ginjarra. Rythmiquement suggestif, et fécond pour l’imaginaire.

Hauteurs

Le pays d’ici est typé par sa forte pente, jalonnée de villages perchés, des hauteurs jusqu’à la mer.
Le son d’ici, pour un passionné de traditions locales, il faut monter le chercher.
Prendre de la hauteur, remonter la pente.
Mais nul besoin d’être chasseur de son pour monter vivre une expérience forte de lieu sonore, comme le village en fête et toute sa bande-son, dont le fifre 4 petite traversière sans clefs traditionnelle , dont on entend de loin les très aigües mélodies.
On peut difficilement faire plus haut perché que lui.

Italie

La mandoline est italienne ! Pas totalement faux, mais autant que la guitare est espagnole… Et l’accordéon alors ? Plutôt français, non ?
Stéréotypes durables et résistants.
En France, se présenter comme « de Nice » et « mandoliniste », pouvait déclencher une double rafale de clichés très négatifs. Mais comme au fond, les deux renvoient – faussement – à l’Italie, une logique bon enfant s’imposait, qui m’accordait au moins une certaine légitimité. La même que m’accordait l’Italie qui, elle, m’adoptait d’emblée sans étape ironique.
J’ai tourné des années en duo avec un Italien5 Riccardo Tesi , c’est lui qui jouait de l’accordéon. Et moi, le Français, de la mandoline.
De toutes façons notre musique brouillait les pistes…

Jeu

Plectre et cordes
photo cbdt

Le jeu de mandoline est réputé mélodique et trémolé. On en touche avec un plectre. Mais l’instrument se prête également au jeu rythmique et harmonique, enchaînant des accords. Il peut donc aussi accompagner, ou mieux s’accompagner lui-même. Sa spécificité tient dans la technique du plectre, du coup de plume, et des subtilités d’articulation et de rythme que permet le geste de la main droite.
Tout cela crée un fort potentiel qui ouvre la mandoline à une vraie polyvalence et la place au nœud de divers courants stylistiques.

Kentucky

C’est là que vers le milieu du XXème siècle, le mandoliniste Bill Monroe invente le bluegrass, une manière de jouer (fougueusement) et chanter (choralement) le folklore local. qui deviendra un style country acoustique florissant. Il s’exporte, et pendant un temps, fait de la mandoline étasunienne une référence de modernité, jusqu’à représenter la juste alternative à la mandoline classique. Depuis, l’accès à d’autres styles, la découverte d’autres traditions, l’évolution des pratiques, ont rééquilibré le paysage mandolinistique.

Lieu commun

Y a t-il instrument plus bardé de stéréotypes, plus flouté par les clichés ?
En somme, de quoi la mandoline est-elle le nom ?
D’un instrument ancien, ou de folklore italien ? D’un accessoire de Pierrot, d’un instrument de fille, de troubadour ? De l’instrument de la sérénade au clair de lune… ?
Mes collègues et moi nous étions attelés un temps à expliquer, à démentir par la musique elle-même. Puis, changement de stratégie. Plutôt que de contrer en vain ou contourner inutilement une représentation fortement résistante, nous avons choisi de dire oui. La prendre à son propre jeu, la retourner comme un gant, l’accompagner pour la déséquilibrer, façon aïkido.
(la mandoline sport de combat !)
Oui, nous faisons les sérénades !
Et le lieu commun devient lieu sonore.

Mandoline

Une recherche du mot sur le web donne en premier l’ustensile de cuisine, genre de rabot pour trancher fin en rondelles et lamelles. C’est tentant d’y chercher quelque analogie, mais revenons à l’instrument.
Organologiquement le nôtre est un cordophone, plus précisément de la famille des luths à manche court, dont on pince les cordes avec un plectre. Le modèle aujourd’hui standard possède 4 chœurs de doubles cordes (4 paires) accordées par quintes comme le violon (Sol-Ré-La-Mi du grave à l’aigu). Mais ces caractéristiques connaissent des variantes, tout comme la forme (ronde ou plate).
Il faut retenir qu’elle se décline en taille et peut par exemple constituer un quatuor (mandoline 1 & 2, mandole alto, mandoloncelle).
Berlioz vantait sa « finesse mordante ». Des oreilles moins expertes la trouvent tantôt douce tantôt aigrelette. En réalité sa voix et son accent diffèrent d’un style à l’autre, d’un type de lutherie à l’autre.
La mandoline instrument savant, ou populaire ? Elle connaît les deux usages, et si tant est qu’ils s’opposent encore aujourd’hui, tire le meilleur parti de cette ambivalence.

Nissart

Le mot mandoline est de genre féminin en français, mais emprunté à l’italien mandolino, masculin (et diminutif de mandola).
Conciliant, le dictionnaire de niçois 6de Castellana donne les deux : la mandoulina, et lou mandoulin.

OAP

OAP pour Orchestre à plectre.
Le médiator, c’est pour la guitare. On pince les cordes de la mandoline avec un plectre, mot qui par extension sert à désigner toute la famille d’instruments qui se jouent ainsi.
On prête un âge d’or à la mandoline, le tournant du XIX et XXème siècle, celui d’une floraison de sociétés musicales, parmi lesquelles les OAP, qui s’intitulaient volontiers du joli nom d’estudiantina, chipé aux Espagnols.
Lieux d’éducation populaire, on y formait les amateurs à l’instrument comme à l’orchestre, jouant des transcriptions de musique savante ou légère.
Une activité mélomane, épanouissante et convenable (je me rappelle le témoignage de cette dame agée qui, jeune fille, n’avait que le bon prétexte des répétitions pour sortir…et flirter).
L’érosion de ce tissu socio-musical les a décimés, mais il en subsiste de solides qui ont résisté à l’épreuve du temps et surmonté le principal et très français obstacle : le faible prestige de la musique amateure, voire la suspicion de sous-orchestre et de sous-musique.
Le son distinctif des ensembles à plectre, porté notamment par le tremolo, (effet reçu comme typique de la mandoline) est redécouvert aujourd’hui par un public en mal de charme suranné, ou tout simplement sensible à son timbre ravissant.
De dynamiques ensembles sont en action dans les Alpes-Maritimes : l’Orchestre à plectre azuréen de Cagnes-sur-mer 7 dirigé par Cécile Soirat et l’ensemble de mandoline de Roquebrune-Cap-Martin 8 dirigé par Olivia Valgelata-Tarallo .

Passé

« Tot remembre pescat si calha, mitat poiridier, mitat gauch »
– tout souvenir pêché se fige, moitié pourriture, moitié joie.

Roland Pécout 9 poète occitan contemporain

Le geste d’aller fouiller la mémoire est paradoxal, et son résultat mitigé.
Mais il évoque aussi l’utopie et la nostalgie, enjambant ensemble un présent désenchanté. Une coexistence des temps que la musique est particulièrement apte à nous faire entendre.
Que faire du passé ? Dansons avec la mémoire.

Quatuor

Melonious Quartet
Melonious Quartet – Photo Yves Rousguisto

En des temps révolus d’une pratique convenue et raréfiée, nous cherchions une nouvelle voie, une nouvelle mandoline. Assumant des bagages musicaux bigarrés, les projetant dans les eaux mêlées du savant et du populaire, nous plongions dans la forme quatuor, grâce à une création originale de lutherie 10 d’André Sakellarides, luthier à Marseille .
Le répertoire ignorait volontairement la littérature officielle pour mandoline, et réinventait une filiation directe avec Erik Satie, Frank Zappa ou Darius Milhaud…
C’était le Melonious Quartet, actif de 1996 à 2014 11Patrick Vaillant & Thomas Bienabe (mandolines), Patrick Osowiecki (mandole alto), Jean-Louis Ruf-Costanzo (mandoloncelle) 11 .
La leçon qu’il laisse : toujours voir plus loin que le bout de sa mandoline.

Revival

Le mot est anglais. Il dit bien le parcours de la vague de renouveau des musiques populaires dites folk. Amorcée aux Etats-unis elle gagne l’Europe occidentale par le Royaume-uni. Elle suscite, par analogie, le désir de redécouvrir les expressions musicales autochtones, de se les réapproprier comme les ré-inventer. Ce qui était exactement la préconisation du grand Pete Seeger 12musicien américain pionnier du folk à l’adresse des jeunes gens d’autres pays attirés par le folk américain : « il y a un réel danger à ce que vous oubliiez la musique de votre propre pays… »
Il y a eu à Nice des musiciens pour épouser le folk américain, d’autres pour remettre en jeu un son d’ici – et ce furent parfois les mêmes.
Comme s’ils avaient entendu Pete Seeger leur dire  » avès pas de maioun ? » (vous n’avez pas de chez vous ?)

Sérénades

Sérénades à Puget-Théniers, 2011 – photo Yves Rousguisto

La mandoline associée à la sérénade est un lieu commun.
Le Front de Libération de la Mandoline l’a recyclé, en jouant sur les mots :
le lieu commun devient ici l’espace public.
Cette refondation s’appuie sur des sources locales ou voisines, à portée de mémoire. Mais sutout en parfaite résonance avec les gestes sonores d’ici (les aubades, la musique et le chant dans la rue, etc.).
Alternatives à un simple concert, les Sérénades prennent tout leur sens dans le parcours, inscrit dans l’espace acoustique des rues étroites et des placettes, des fenêtres et des balcons. Une immédiate proximité qui embarque le public dans la performance, et qui souligne l’importance cruciale de l’échelle (le village, le quartier). Le répertoire aussi s’élabore dans l’invention et le recyclage, où il pratique moins le mélange que le feuilletage des mémoires, et c’est la mandoline et le chant qui emmènent cet alliage de fidélité et d’utopie.

Tradition

Notre propos est nécessairement traversé par la notion paradoxale de tradition.
Le sens commun l’oriente du passé vers le présent. Or ce qu’elle ferait persister est en réalité sélectionné. Le trajet de la tradition est à rebrousse-temps, « c’est le présent qui façonne son passé »13 cf Gérard Lenclud « La tradition n’est plus ce qu’elle était… ». Terrain. n°9. 1987 . La tradition est aussi transmission, domaine où un musicien appréhende mieux ce sur quoi elle repose : le couple imitation / invention. Ce ne sont pas des piliers, mais deux jambes qui pédalent.
Et elles ignorent qu’elles ne font qu’un.

Utopie

L’utopie 14en niss. lou pantaï c’est instiller de l’ailleurs dans ce qu’on fabrique maintenant. C’est par exemple tracer des lignes de fuite. Les points de fuite ne sont pas des buts à atteindre, ils servent la construction de la perspective, ils ne dépendent pas du paysage mais du regard. Il est facile d’entrevoir l’analogie avec la musique, sans oublier que celle-ci n’est pas que du sonore, mais du social, une situation, etc.

Van Gennep

Le célèbre folkloriste Arnold Van Gennep avait fait ses études au lycée Masséna et connaissait très bien Nice. En 1939 il écrivait au directeur de la phonothèque nationale, Roger Dévigne, pour l’orienter dans son enquête sur la région. Ses conseils sont savoureux : ne pas faire le Parisien, éviter les notables et les spécialistes de folklore, offrir des coups à boire et en accepter, et ne pas manquer certains bars de la vielle ville où entendre des chœurs épatants en Ligure et en Piémontais…
Nice est au terme de la mission sonore, fin août 39, et la mobilisation coupera court aux enregistrements…

WAP

Workshop A Plectre
C’est l’atelier de mandoline de la Compagnie Mandopolis. Comme son nom l’indique avec malice ce n’est pas un OAP, dont il diffère par les références musicales. Le groupe est rompu à la déambulation, aux sérénades, et plutôt versé dans les musiques de tradition populaire. Mais il est aussi partie prenante du projet de grand ensemble 15 dirigé par Cécile Soirat & Patrick Vaillant où le rejoignent l’Orchestre à Plectre Azuréen et Waslaa, groupe des élèves de oud du CRR de Nice.

X

Affiche du Mandopolis Festival 2019
Affiche du Mandopolis Festival 2019 (graphisme cbdt)

C’était en 2019 le Xème anniversaire des Sérénades à Puget-Théniers, recréées chaque année, mais quelques fois réalisées sur mesure en d’autres lieux et festivals. Elles sont le moment fort du Mandopolis Festival, qui résonne depuis 16 éditions des mandolines et autres plectres du monde (oud, saz, mandol, bandolim, bandurria, bandola, rebab, sarod, etc.)

Y compris

La mandoline se permet de cultiver tous les mauvais genres, classique y compris.

Zéphirin

Fête du retour des Bergers, Zéphirin Castellon, 1978
Fête du Retour des Bergers, Zéphirin Castellon, Belvédère 1978 – photo Samir Nashashibi

Il n’y a pas d’identité sonore de la montagne niçoise sans l’empreinte laissée par Zéphirin Castellon (1926-2015). Il en maîtrisait avec créativité les principaux registres : chanteur, joueur de fifre, d’harmonica, sonneur de cloches, compositeur, auteur de chansons, en français et en barverenc 16 le parler de Belvédère, forme locale de la langue d’Oc, sa langue maternelle . Ses musiques et chansons lumineuses, antidotes au sombre métier qui était le sien 17 gardien de prison s’inscrivaient totalement dans sa communauté, dans son lieu et dans son temps. Elles ont néanmoins porté bien au-delà par leur force de conviction, et la très large renommée de Castellon en atteste.
Il n’y a pas d’intemporel ni d’ancestral. Ces balivernes néo-romantiques, ces formules de com sont balayées par la leçon magistrale de Zéphirin Castellon : comment inventer la tradition.

Patrick Vaillant.
Article publié dans le catalogue de l’expo « Mùsica d’aquì »,
Palais Lascaris, Nice, octobre 2019