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Jacky Micaelli |
"Amor'esca", album au carrefour de l'amour et de lafête que symbolise la moresca, danse corse héritée du visiteur arabe. Entendre chez Jacky Micaelli : passion, partage, identité métisse. Avec en filigrane, de la part de celle qui imposa sa voix dans un chant corse hier très masculin, une manière de défi joyeux tant l'esca désignait jadis un champignon séché servant à allumer le feu. Mettre le feu aux amours ? Faire un feu de joie des idées mortifères ? Se chauffer à la mémoire ? Elle assume les métaphores
Depuis
longtemps Jacky Micaelli affirmait son propos.(...) Le souffle de son insipiration
interprétative, la naturalité de son chant séduisent bien
au-delà d'un public averti.
Il lui faut dès lors, passant outre sa timidité, s'affrimer
sur un registre plus personnel. Avec "Amor'esca", entre compositions
et adaptations de monodies insulaires, elle affirme à présent
son blues. Un projet pour lequel elle s'est entourée d'alliés
substantiels. Silvio Soave (réalisateur et accoucheur de ce projet) n'est
pas seulement un des plus sensibles preneurs de son dans le registre des musiques
du monde, il a aussi à son actif une fidélité puisqu'il
accompagne la chanteuse depuis 1991 et quatre enregistrements. Patrick Vaillant
(directeur artistique, arrangeur), un des meilleurs mandolinistes europées,
est aussi de longue date un de ces acteurs précieux qui ont su contemporanéiser
les musiques traditionnelles, démarche qui s'est exprimée avec
brio du traditionnel à l'improvisation et de l'opéra au ballet.
Ce dernier faisant appel à des complices atypiques et élégants
: Denis fournier et ses peaux, Serge Pesce et sa guitare "accommodée",
Bernard Santacruz et sa contrebasse. Un bel équipage de "coloristes"
qui a su éviter la paraphrase et jouer les sols y sombras d'un
répertoire initiatique et d'une voix grand sudiste. La démarche
instinctive de Jacky Micaelli les aiant à trouver le "sentiment"
propore à chaque composition.
Frank Tenaille